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Vie de saint Georges

Saint Georges, issu d’une famille noble de Cappadoce, était tribun (officier général) sous Dioclétien. Il mourut en martyr vers 304 après avoir renversé les idoles et persévéré dans la foi chrétienne.

La réalité de saint Georges est attesté par le fait que l’empereur Constantin lui fait édifier une église à Constantinople quelques années après son martyre.

Les circonstances exceptionnelles de sa mort l’on fait appeler par les chrétiens d’Orient le grand martyr. Son culte s’est très rapidement développé. Il est devenu le saint protecteur de nombreux pays, de la Géorgie qui porte son nom, de l’Éthiopie et de l’Angleterre. Il est le saint patron des militaires.

Peu de documents historiques relatent la vie de saint Georges. Saint Ambroise de Milan, docteur de l’Eglise et père spirituel de saint Augustin, écrit sobrement soixante dix ans après sa mort :

« Alors que la profession de foi chrétienne était couverte d’un voile de silence, Georges, très fidèle soldat du Christ, seul parmi les adorateurs du Christ et intrépide, a confessé sa foi en le fils de Dieu. Il reçut de la grâce divine une telle constance dans la foi qu’il méprisa les ordres du pouvoir tyrannique et ne craignit pas les tourments de peines innombrables. Ô l’heureux et illustre combattant de Dieu, qui non seulement ne s’est pas laissé séduire par la promesse caressante d’un royaume temporel, mais, après avoir trompé son persécuteur, a encore précipité dans l’abime la monstruosité de ses statues ! »

Et dans un autre passage :

« C’est pour cela aussi que la reine des nations perses, après la cruelle condamnation édictée par son mari, alors qu’elle n’avait pas encore obtenu la grâce du baptême, a mérité la palme d’une glorieuse passion. On ne peut douter que le fait d’avoir versé le flot rosé de son sang lui ait valu de passer les portes fermées du ciel et de posséder le royaume du ciel. »

Ce martyr glorieux a généré de nombreuses hagiographies dans les siècles qui suivirent.

Son origine, sa famille : On dit qu’il était originaire de Cappadoce. Du moins, son père Gérontius qui vivait en Arménie, était venu de Cappadoce ; il adorait les idoles. Sa mère, Polychronia, était chrétienne ;  à l’insu de son mari, elle instruisit son fils Georges, lui apprit à connaître et adorer le vrai Dieu, dès sa jeunesse et après avoir reçu le baptême.

La passion :  Les légendes entrent ici dans une foule de détails : Les principaux peuvent se ramener aux suivants :

Lors de la persécution de Dioclétien, en moins d’un mois dix sept mille chrétiens furent couronnés du martyre. En voyant cela Georges, saisi intérieurement d’une douleur au coeur, dispersa tout ce qu’il avait, quitta l’habit militaire pour revêtir l’habit des chrétiens.

Dioclétien, assisté de Magentius, se préparait à exterminer la religion chrétienne et à rétablir partout le culte des idoles. Pendant qu’on recherchait les chrétiens, Georges, vaillant soldat, s’animait au combat. Cappadocien noble et riche, il était tribun dans l’armée impériale. Paraissant devant le tribunal de l’empereur, et en présence du Sénat et de l’armée, il confessa le Christ. Magentius l’interrogea sur sa foi, Dioclétien l’exhorta à offrir un sacrifice aux dieux. Sur son refus, l’empereur le fit  frapper cruellement puis jeter en prison avec ordre de lui mettre sur la poitrine une énorme pierre. Le lendemain Georges fut soumis à de nouvelles tortures qui mirent en pièce tout son corps, mais un ange vint guérir ses blessures et le délivrer.

De nouveau Georges alla se présenter devant Dioclétien qui offrait un sacrifice à Apollon : l’empereur ne le reconnut pas tout d’abord, mais bientôt il le fit saisir. Deux généraux en chefs à ce moment se convertirent et furent condamnés à mort ; l’impératrice Alexandra elle-même se déclara chrétienne et se retira au palais. Sur l’ordre de l’empereur, Georges fut jeté dans une fosse remplie de chaux vive, il en sortit sain et sauf trois jours après.

Saisi de nouveau, il fut condamné à marcher avec des chaussures garnies de pointes rougies au feu. Une fois encore Georges fut guéri de ses blessures.

Après toute une série de nouveaux supplices auxquels succèdent des prodiges de guérison, Dioclétien tenta de le gagner par la douceur : celui-ci feignit de céder, fut conduit au temple où par un signe de croix, il renversa les idoles. Sur une réclamation des prêtres, Dioclétien prononça la sentence définitive et Georges fut décapité.

Certains documents anciens lui donnent le titre de Patrice, c’est à dire vice-empereur dans une province. Saint Ambroise y fait référence lorsqu’il fait mention de la promesse caressante d’un royaume temporel.

Lorsque saint Ambroise parle de la reine des nations perses, il s’agit de l’impératrice Alexandra – Prisca, femme de l’empereur Dioclétien. Celui-ci portait le titre d’empereur Persique car il avait vaincu les Perses ; Ambroise préfère le nommer ainsi dans un sermon plutôt que du nom honni de Dioclétien. Alexandra et sa fille Valérie subirent le martyre en 314 sous Licinius, le successeur en Orient de Dioclétien. Valérie, avait été donnée pour épouse au co-empereur Galère, puis à la mort de celui-ci à Maxime, qui l’exila en Orient où le co-empereur Licinius la fit mourir avec sa mère Alexandra. Elles seront déclarées saintes par l’Eglise.

Sources :

Jacques de Voragine, Légende dorée.
Abbé L. Jaud, Vie des Saints pour tous les jours de l’année.