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La vie de saint Georges

Saint Georges, issu d’une famille noble de Cappadoce, Ă©tait tribun (officier gĂ©nĂ©ral) sous DioclĂ©tien. Il mourut en martyr vers 304 aprĂšs avoir renversĂ© les idoles et persĂ©vĂ©rĂ© dans la foi chrĂ©tienne.

Contexte de la persĂ©cution de DioclĂ©tien : L’Empire Romain est complĂštement dĂ©sorganisĂ© au 3Ăšme siĂšcle. De 235 Ă  284 trente huit empereurs se succĂšdent, gĂ©nĂ©ralement aprĂšs la mort violente du prĂ©dĂ©cesseur. Au milieu du siĂšcle, la guerre contre les Perses redouble. L’empereur ValĂ©rien y est battu et fait prisonnier en 260. En Orient, les Arabes de Palmyre rĂšgnent en maitre de 260 Ă  272 grĂące Ă  leur messianisme judĂ©o-chrĂ©tien, ancĂȘtre de l’Islam. Ils menacent de prendre Rome. L’Empire Romain semble mort mais renait avec AurĂ©lien qui vainc ZĂ©nobie, le reine de Palmyre. DioclĂ©tien arrive au pouvoir sur ces dĂ©combres en 284. AprĂšs sa victoire sur les Perses, effrayĂ© du succĂšs de l’Empire de Palmyre qui a failli tout emporter, et craignant que les Perses ne continuent d’agiter les factions juives et judĂ©o-chrĂ©tiennes contre l’Empire, il demande Ă  chaque citoyen de dĂ©montrer son patriotisme en sacrifiant aux dieux de Rome. Toute personne qui refuse est considĂ©rĂ© comme un traitre et doit mourir. C’est la persĂ©cution de DioclĂ©tien, persĂ©cution d’un empereur terrorisĂ© par le messianisme judĂ©o-chrĂ©tien.

La rĂ©alitĂ© de saint Georges est attestĂ©e par le fait que l’empereur Constantin lui fait Ă©difier une Ă©glise Ă  Constantinople quelques annĂ©es aprĂšs son martyre.

Les circonstances exceptionnelles de sa mort l’on fait appeler par les chrĂ©tiens d’Orient le grand martyr. Son culte s’est trĂšs rapidement dĂ©veloppĂ©. Il est devenu le saint protecteur de nombreux pays, de la GĂ©orgie qui porte son nom, de l’Éthiopie et de l’Angleterre. Il est le saint patron des militaires.

Peu de documents historiques relatent la vie de saint Georges. Saint Ambroise de Milan, docteur de l’Église et pĂšre spirituel de saint Augustin, Ă©crit sobrement soixante dix ans aprĂšs sa mort :

« Alors que la profession de foi chrĂ©tienne Ă©tait couverte d’un voile de silence, Georges, trĂšs fidĂšle soldat du Christ, seul parmi les adorateurs du Christ et intrĂ©pide, a confessĂ© sa foi en le fils de Dieu. Il reçut de la grĂące divine une telle constance dans la foi qu’il mĂ©prisa les ordres du pouvoir tyrannique et ne craignit pas les tourments de peines innombrables. Ô l’heureux et illustre combattant de Dieu, qui non seulement ne s’est pas laissĂ© sĂ©duire par la promesse caressante d’un royaume temporel, mais, aprĂšs avoir trompĂ© son persĂ©cuteur, a encore prĂ©cipitĂ© dans l’abime la monstruositĂ© de ses statues ! »

Et dans un autre passage :

« C’est pour cela aussi que la reine des nations perses, aprĂšs la cruelle condamnation Ă©dictĂ©e par son mari, alors qu’elle n’avait pas encore obtenu la grĂące du baptĂȘme, a mĂ©ritĂ© la palme d’une glorieuse passion. On ne peut douter que le fait d’avoir versĂ© le flot rosĂ© de son sang lui ait valu de passer les portes fermĂ©es du ciel et de possĂ©der le royaume du ciel. »

Ce martyr glorieux a gĂ©nĂ©rĂ© de nombreuses hagiographies dans les siĂšcles qui suivirent. Les premiĂšres datent du Ve siĂšcle la plus ancienne en grec, l’autre en latin. Le pape GĂ©lase en 494 les Ă©carte, l’accumulation des supplices les rendant peu crĂ©dibles :

George était parmi ces saints « dont les noms sont à juste titre vénérés parmi les hommes, mais dont les actions ne sont connues que de Dieu. »

La Passion de saint Georges en grec est présentée ici.

***

Son origine, sa famille : On dit qu’il Ă©tait originaire de Cappadoce. Du moins, son pĂšre GĂ©rontius qui vivait en ArmĂ©nie, Ă©tait venu de Cappadoce ; il adorait les idoles. Sa mĂšre, Polychronia, Ă©tait chrĂ©tienne ; Ă  l’insu de son mari, elle instruisit son fils Georges, lui apprit Ă  connaĂźtre et adorer le vrai Dieu, dĂšs sa jeunesse et aprĂšs avoir reçu le baptĂȘme.

La passion : Les légendes entrent ici dans une foule de détails : Les principaux peuvent se ramener aux suivants :

Lors de la persĂ©cution de DioclĂ©tien, en moins d’un mois dix sept mille chrĂ©tiens furent couronnĂ©s du martyre. En voyant cela Georges, saisi intĂ©rieurement d’une douleur au coeur, dispersa tout ce qu’il avait, quitta l’habit militaire pour revĂȘtir l’habit des chrĂ©tiens.

DioclĂ©tien, assistĂ© de Magentius, se prĂ©parait Ă  exterminer la religion chrĂ©tienne et Ă  rĂ©tablir partout le culte des idoles. Pendant qu’on recherchait les chrĂ©tiens, Georges, vaillant soldat, s’animait au combat. Cappadocien noble et riche, il Ă©tait tribun dans l’armĂ©e impĂ©riale. Paraissant devant le tribunal de l’empereur, et en prĂ©sence du SĂ©nat et de l’armĂ©e, il confessa le Christ. Magentius l’interrogea sur sa foi, DioclĂ©tien l’exhorta Ă  offrir un sacrifice aux dieux. Sur son refus, l’empereur le fit frapper cruellement puis jeter en prison avec ordre de lui mettre sur la poitrine une Ă©norme pierre. Le lendemain Georges fut soumis Ă  de nouvelles tortures qui mirent en piĂšce tout son corps, mais un ange vint guĂ©rir ses blessures et le dĂ©livrer.

De nouveau Georges alla se prĂ©senter devant DioclĂ©tien qui offrait un sacrifice Ă  Apollon : l’empereur ne le reconnut pas tout d’abord, mais bientĂŽt il le fit saisir. Deux gĂ©nĂ©raux en chefs Ă  ce moment se convertirent et furent condamnĂ©s Ă  mort ; l’impĂ©ratrice Alexandra elle-mĂȘme se dĂ©clara chrĂ©tienne et se retira au palais. Sur l’ordre de l’empereur, Georges fut jetĂ© dans une fosse remplie de chaux vive, il en sortit sain et sauf trois jours aprĂšs.

Saisi de nouveau, il fut condamné à marcher avec des chaussures garnies de pointes rougies au feu. Une fois encore Georges fut guéri de ses blessures.

AprĂšs toute une sĂ©rie de nouveaux supplices auxquels succĂšdent des prodiges de guĂ©rison, DioclĂ©tien tenta de le gagner par la douceur : celui-ci feignit de cĂ©der, fut conduit au temple oĂč par un signe de croix, il renversa les idoles. Sur une rĂ©clamation des prĂȘtres, DioclĂ©tien prononça la sentence dĂ©finitive et Georges fut dĂ©capitĂ©.

Certains documents anciens lui donnent le titre de Patrice, c’est Ă  dire vice-empereur dans une province. Saint Ambroise y fait rĂ©fĂ©rence lorsqu’il fait mention de la promesse caressante d’un royaume temporel.

Saint Ambroise Ă©voque la conversion par saint Georges d’Alexandra, la femme de DioclĂ©tien, et de sa fille ValĂ©rie. Alexandra est qualifiĂ©e de reine des nations perses, d’oĂč une reprĂ©sentation en vĂȘtement vert perse, car DioclĂ©tien portait le titre d’empereur Persique aprĂšs sa victoire sur les Perses. ValĂ©rie, avait Ă©tĂ© donnĂ©e pour Ă©pouse au co-empereur GalĂšre, puis Ă  la mort de celui-ci Ă  Maxime, qui l’exila en Orient oĂč le co-empereur Licinius la fit mourir avec sa mĂšre Alexandra en 314. AprĂšs leur martyre, elles seront dĂ©clarĂ©es saintes par l’Église. Georges Ă©tait bien au cƓur du pouvoir.

Sources :

Jacques de Voragine, Légende dorée.
AbbĂ© L. Jaud, Vie des Saints pour tous les jours de l’annĂ©e.

Publié le 06 mars 2025

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La vie de saint Georges

Saint Georges, issu d’une famille noble de Cappadoce, Ă©tait tribun (officier gĂ©nĂ©ral) sous DioclĂ©tien. Il mourut en martyr vers 304 aprĂšs avoir renversĂ© les idoles et persĂ©vĂ©rĂ© dans la foi chrĂ©tienne.

Contexte de la persĂ©cution de DioclĂ©tien : L’Empire Romain est complĂštement dĂ©sorganisĂ© au 3Ăšme siĂšcle. De 235 Ă  284 trente huit empereurs se succĂšdent, gĂ©nĂ©ralement aprĂšs la mort violente du prĂ©dĂ©cesseur. Au milieu du siĂšcle, la guerre contre les Perses redouble. L’empereur ValĂ©rien y est battu et fait prisonnier en 260. En Orient, les Arabes de Palmyre rĂšgnent en maitre de 260 Ă  272 grĂące Ă  leur messianisme judĂ©o-chrĂ©tien, ancĂȘtre de l’Islam. Ils menacent de prendre Rome. L’Empire Romain semble mort mais renait avec AurĂ©lien qui vainc ZĂ©nobie, le reine de Palmyre. DioclĂ©tien arrive au pouvoir sur ces dĂ©combres en 284. AprĂšs sa victoire sur les Perses, effrayĂ© du succĂšs de l’Empire de Palmyre qui a failli tout emporter, et craignant que les Perses ne continuent d’agiter les factions juives et judĂ©o-chrĂ©tiennes contre l’Empire, il demande Ă  chaque citoyen de dĂ©montrer son patriotisme en sacrifiant aux dieux de Rome. Toute personne qui refuse est considĂ©rĂ© comme un traitre et doit mourir. C’est la persĂ©cution de DioclĂ©tien, persĂ©cution d’un empereur terrorisĂ© par le messianisme judĂ©o-chrĂ©tien.

La rĂ©alitĂ© de saint Georges est attestĂ©e par le fait que l’empereur Constantin lui fait Ă©difier une Ă©glise Ă  Constantinople quelques annĂ©es aprĂšs son martyre.

Les circonstances exceptionnelles de sa mort l’on fait appeler par les chrĂ©tiens d’Orient le grand martyr. Son culte s’est trĂšs rapidement dĂ©veloppĂ©. Il est devenu le saint protecteur de nombreux pays, de la GĂ©orgie qui porte son nom, de l’Éthiopie et de l’Angleterre. Il est le saint patron des militaires.

Peu de documents historiques relatent la vie de saint Georges. Saint Ambroise de Milan, docteur de l’Église et pĂšre spirituel de saint Augustin, Ă©crit sobrement soixante dix ans aprĂšs sa mort :

« Alors que la profession de foi chrĂ©tienne Ă©tait couverte d’un voile de silence, Georges, trĂšs fidĂšle soldat du Christ, seul parmi les adorateurs du Christ et intrĂ©pide, a confessĂ© sa foi en le fils de Dieu. Il reçut de la grĂące divine une telle constance dans la foi qu’il mĂ©prisa les ordres du pouvoir tyrannique et ne craignit pas les tourments de peines innombrables. Ô l’heureux et illustre combattant de Dieu, qui non seulement ne s’est pas laissĂ© sĂ©duire par la promesse caressante d’un royaume temporel, mais, aprĂšs avoir trompĂ© son persĂ©cuteur, a encore prĂ©cipitĂ© dans l’abime la monstruositĂ© de ses statues ! »

Et dans un autre passage :

« C’est pour cela aussi que la reine des nations perses, aprĂšs la cruelle condamnation Ă©dictĂ©e par son mari, alors qu’elle n’avait pas encore obtenu la grĂące du baptĂȘme, a mĂ©ritĂ© la palme d’une glorieuse passion. On ne peut douter que le fait d’avoir versĂ© le flot rosĂ© de son sang lui ait valu de passer les portes fermĂ©es du ciel et de possĂ©der le royaume du ciel. »

Ce martyr glorieux a gĂ©nĂ©rĂ© de nombreuses hagiographies dans les siĂšcles qui suivirent. Les premiĂšres datent du Ve siĂšcle la plus ancienne en grec, l’autre en latin. Le pape GĂ©lase en 494 les Ă©carte, l’accumulation des supplices les rendant peu crĂ©dibles :

George était parmi ces saints « dont les noms sont à juste titre vénérés parmi les hommes, mais dont les actions ne sont connues que de Dieu. »

La Passion de saint Georges en grec est présentée ici.

***

Son origine, sa famille : On dit qu’il Ă©tait originaire de Cappadoce. Du moins, son pĂšre GĂ©rontius qui vivait en ArmĂ©nie, Ă©tait venu de Cappadoce ; il adorait les idoles. Sa mĂšre, Polychronia, Ă©tait chrĂ©tienne ; Ă  l’insu de son mari, elle instruisit son fils Georges, lui apprit Ă  connaĂźtre et adorer le vrai Dieu, dĂšs sa jeunesse et aprĂšs avoir reçu le baptĂȘme.

La passion : Les légendes entrent ici dans une foule de détails : Les principaux peuvent se ramener aux suivants :

Lors de la persĂ©cution de DioclĂ©tien, en moins d’un mois dix sept mille chrĂ©tiens furent couronnĂ©s du martyre. En voyant cela Georges, saisi intĂ©rieurement d’une douleur au coeur, dispersa tout ce qu’il avait, quitta l’habit militaire pour revĂȘtir l’habit des chrĂ©tiens.

DioclĂ©tien, assistĂ© de Magentius, se prĂ©parait Ă  exterminer la religion chrĂ©tienne et Ă  rĂ©tablir partout le culte des idoles. Pendant qu’on recherchait les chrĂ©tiens, Georges, vaillant soldat, s’animait au combat. Cappadocien noble et riche, il Ă©tait tribun dans l’armĂ©e impĂ©riale. Paraissant devant le tribunal de l’empereur, et en prĂ©sence du SĂ©nat et de l’armĂ©e, il confessa le Christ. Magentius l’interrogea sur sa foi, DioclĂ©tien l’exhorta Ă  offrir un sacrifice aux dieux. Sur son refus, l’empereur le fit frapper cruellement puis jeter en prison avec ordre de lui mettre sur la poitrine une Ă©norme pierre. Le lendemain Georges fut soumis Ă  de nouvelles tortures qui mirent en piĂšce tout son corps, mais un ange vint guĂ©rir ses blessures et le dĂ©livrer.

De nouveau Georges alla se prĂ©senter devant DioclĂ©tien qui offrait un sacrifice Ă  Apollon : l’empereur ne le reconnut pas tout d’abord, mais bientĂŽt il le fit saisir. Deux gĂ©nĂ©raux en chefs Ă  ce moment se convertirent et furent condamnĂ©s Ă  mort ; l’impĂ©ratrice Alexandra elle-mĂȘme se dĂ©clara chrĂ©tienne et se retira au palais. Sur l’ordre de l’empereur, Georges fut jetĂ© dans une fosse remplie de chaux vive, il en sortit sain et sauf trois jours aprĂšs.

Saisi de nouveau, il fut condamné à marcher avec des chaussures garnies de pointes rougies au feu. Une fois encore Georges fut guéri de ses blessures.

AprĂšs toute une sĂ©rie de nouveaux supplices auxquels succĂšdent des prodiges de guĂ©rison, DioclĂ©tien tenta de le gagner par la douceur : celui-ci feignit de cĂ©der, fut conduit au temple oĂč par un signe de croix, il renversa les idoles. Sur une rĂ©clamation des prĂȘtres, DioclĂ©tien prononça la sentence dĂ©finitive et Georges fut dĂ©capitĂ©.

Certains documents anciens lui donnent le titre de Patrice, c’est Ă  dire vice-empereur dans une province. Saint Ambroise y fait rĂ©fĂ©rence lorsqu’il fait mention de la promesse caressante d’un royaume temporel.

Saint Ambroise Ă©voque la conversion par saint Georges d’Alexandra, la femme de DioclĂ©tien, et de sa fille ValĂ©rie. Alexandra est qualifiĂ©e de reine des nations perses, d’oĂč une reprĂ©sentation en vĂȘtement vert perse, car DioclĂ©tien portait le titre d’empereur Persique aprĂšs sa victoire sur les Perses. ValĂ©rie, avait Ă©tĂ© donnĂ©e pour Ă©pouse au co-empereur GalĂšre, puis Ă  la mort de celui-ci Ă  Maxime, qui l’exila en Orient oĂč le co-empereur Licinius la fit mourir avec sa mĂšre Alexandra en 314. AprĂšs leur martyre, elles seront dĂ©clarĂ©es saintes par l’Église. Georges Ă©tait bien au cƓur du pouvoir.

Sources :

Jacques de Voragine, Légende dorée.
AbbĂ© L. Jaud, Vie des Saints pour tous les jours de l’annĂ©e.

Publié le 06 mars 2025

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La vie de saint Georges

Saint Georges, issu d’une famille noble de Cappadoce, Ă©tait tribun (officier gĂ©nĂ©ral) sous DioclĂ©tien. Il mourut en martyr vers 304 aprĂšs avoir renversĂ© les idoles et persĂ©vĂ©rĂ© dans la foi chrĂ©tienne.

Contexte de la persĂ©cution de DioclĂ©tien : L’Empire Romain est complĂštement dĂ©sorganisĂ© au 3Ăšme siĂšcle. De 235 Ă  284 trente huit empereurs se succĂšdent, gĂ©nĂ©ralement aprĂšs la mort violente du prĂ©dĂ©cesseur. Au milieu du siĂšcle, la guerre contre les Perses redouble. L’empereur ValĂ©rien y est battu et fait prisonnier en 260. En Orient, les Arabes de Palmyre rĂšgnent en maitre de 260 Ă  272 grĂące Ă  leur messianisme judĂ©o-chrĂ©tien, ancĂȘtre de l’Islam. Ils menacent de prendre Rome. L’Empire Romain semble mort mais renait avec AurĂ©lien qui vainc ZĂ©nobie, le reine de Palmyre. DioclĂ©tien arrive au pouvoir sur ces dĂ©combres en 284. AprĂšs sa victoire sur les Perses, effrayĂ© du succĂšs de l’Empire de Palmyre qui a failli tout emporter, et craignant que les Perses ne continuent d’agiter les factions juives et judĂ©o-chrĂ©tiennes contre l’Empire, il demande Ă  chaque citoyen de dĂ©montrer son patriotisme en sacrifiant aux dieux de Rome. Toute personne qui refuse est considĂ©rĂ© comme un traitre et doit mourir. C’est la persĂ©cution de DioclĂ©tien, persĂ©cution d’un empereur terrorisĂ© par le messianisme judĂ©o-chrĂ©tien.

La rĂ©alitĂ© de saint Georges est attestĂ©e par le fait que l’empereur Constantin lui fait Ă©difier une Ă©glise Ă  Constantinople quelques annĂ©es aprĂšs son martyre.

Les circonstances exceptionnelles de sa mort l’on fait appeler par les chrĂ©tiens d’Orient le grand martyr. Son culte s’est trĂšs rapidement dĂ©veloppĂ©. Il est devenu le saint protecteur de nombreux pays, de la GĂ©orgie qui porte son nom, de l’Éthiopie et de l’Angleterre. Il est le saint patron des militaires.

Peu de documents historiques relatent la vie de saint Georges. Saint Ambroise de Milan, docteur de l’Église et pĂšre spirituel de saint Augustin, Ă©crit sobrement soixante dix ans aprĂšs sa mort :

« Alors que la profession de foi chrĂ©tienne Ă©tait couverte d’un voile de silence, Georges, trĂšs fidĂšle soldat du Christ, seul parmi les adorateurs du Christ et intrĂ©pide, a confessĂ© sa foi en le fils de Dieu. Il reçut de la grĂące divine une telle constance dans la foi qu’il mĂ©prisa les ordres du pouvoir tyrannique et ne craignit pas les tourments de peines innombrables. Ô l’heureux et illustre combattant de Dieu, qui non seulement ne s’est pas laissĂ© sĂ©duire par la promesse caressante d’un royaume temporel, mais, aprĂšs avoir trompĂ© son persĂ©cuteur, a encore prĂ©cipitĂ© dans l’abime la monstruositĂ© de ses statues ! »

Et dans un autre passage :

« C’est pour cela aussi que la reine des nations perses, aprĂšs la cruelle condamnation Ă©dictĂ©e par son mari, alors qu’elle n’avait pas encore obtenu la grĂące du baptĂȘme, a mĂ©ritĂ© la palme d’une glorieuse passion. On ne peut douter que le fait d’avoir versĂ© le flot rosĂ© de son sang lui ait valu de passer les portes fermĂ©es du ciel et de possĂ©der le royaume du ciel. »

Ce martyr glorieux a gĂ©nĂ©rĂ© de nombreuses hagiographies dans les siĂšcles qui suivirent. Les premiĂšres datent du Ve siĂšcle la plus ancienne en grec, l’autre en latin. Le pape GĂ©lase en 494 les Ă©carte, l’accumulation des supplices les rendant peu crĂ©dibles :

George était parmi ces saints « dont les noms sont à juste titre vénérés parmi les hommes, mais dont les actions ne sont connues que de Dieu. »

La Passion de saint Georges en grec est présentée ici.

***

Son origine, sa famille : On dit qu’il Ă©tait originaire de Cappadoce. Du moins, son pĂšre GĂ©rontius qui vivait en ArmĂ©nie, Ă©tait venu de Cappadoce ; il adorait les idoles. Sa mĂšre, Polychronia, Ă©tait chrĂ©tienne ; Ă  l’insu de son mari, elle instruisit son fils Georges, lui apprit Ă  connaĂźtre et adorer le vrai Dieu, dĂšs sa jeunesse et aprĂšs avoir reçu le baptĂȘme.

La passion : Les légendes entrent ici dans une foule de détails : Les principaux peuvent se ramener aux suivants :

Lors de la persĂ©cution de DioclĂ©tien, en moins d’un mois dix sept mille chrĂ©tiens furent couronnĂ©s du martyre. En voyant cela Georges, saisi intĂ©rieurement d’une douleur au coeur, dispersa tout ce qu’il avait, quitta l’habit militaire pour revĂȘtir l’habit des chrĂ©tiens.

DioclĂ©tien, assistĂ© de Magentius, se prĂ©parait Ă  exterminer la religion chrĂ©tienne et Ă  rĂ©tablir partout le culte des idoles. Pendant qu’on recherchait les chrĂ©tiens, Georges, vaillant soldat, s’animait au combat. Cappadocien noble et riche, il Ă©tait tribun dans l’armĂ©e impĂ©riale. Paraissant devant le tribunal de l’empereur, et en prĂ©sence du SĂ©nat et de l’armĂ©e, il confessa le Christ. Magentius l’interrogea sur sa foi, DioclĂ©tien l’exhorta Ă  offrir un sacrifice aux dieux. Sur son refus, l’empereur le fit frapper cruellement puis jeter en prison avec ordre de lui mettre sur la poitrine une Ă©norme pierre. Le lendemain Georges fut soumis Ă  de nouvelles tortures qui mirent en piĂšce tout son corps, mais un ange vint guĂ©rir ses blessures et le dĂ©livrer.

De nouveau Georges alla se prĂ©senter devant DioclĂ©tien qui offrait un sacrifice Ă  Apollon : l’empereur ne le reconnut pas tout d’abord, mais bientĂŽt il le fit saisir. Deux gĂ©nĂ©raux en chefs Ă  ce moment se convertirent et furent condamnĂ©s Ă  mort ; l’impĂ©ratrice Alexandra elle-mĂȘme se dĂ©clara chrĂ©tienne et se retira au palais. Sur l’ordre de l’empereur, Georges fut jetĂ© dans une fosse remplie de chaux vive, il en sortit sain et sauf trois jours aprĂšs.

Saisi de nouveau, il fut condamné à marcher avec des chaussures garnies de pointes rougies au feu. Une fois encore Georges fut guéri de ses blessures.

AprĂšs toute une sĂ©rie de nouveaux supplices auxquels succĂšdent des prodiges de guĂ©rison, DioclĂ©tien tenta de le gagner par la douceur : celui-ci feignit de cĂ©der, fut conduit au temple oĂč par un signe de croix, il renversa les idoles. Sur une rĂ©clamation des prĂȘtres, DioclĂ©tien prononça la sentence dĂ©finitive et Georges fut dĂ©capitĂ©.

Certains documents anciens lui donnent le titre de Patrice, c’est Ă  dire vice-empereur dans une province. Saint Ambroise y fait rĂ©fĂ©rence lorsqu’il fait mention de la promesse caressante d’un royaume temporel.

Saint Ambroise Ă©voque la conversion par saint Georges d’Alexandra, la femme de DioclĂ©tien, et de sa fille ValĂ©rie. Alexandra est qualifiĂ©e de reine des nations perses, d’oĂč une reprĂ©sentation en vĂȘtement vert perse, car DioclĂ©tien portait le titre d’empereur Persique aprĂšs sa victoire sur les Perses. ValĂ©rie, avait Ă©tĂ© donnĂ©e pour Ă©pouse au co-empereur GalĂšre, puis Ă  la mort de celui-ci Ă  Maxime, qui l’exila en Orient oĂč le co-empereur Licinius la fit mourir avec sa mĂšre Alexandra en 314. AprĂšs leur martyre, elles seront dĂ©clarĂ©es saintes par l’Église. Georges Ă©tait bien au cƓur du pouvoir.

Sources :

Jacques de Voragine, Légende dorée.
AbbĂ© L. Jaud, Vie des Saints pour tous les jours de l’annĂ©e.

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Publié le 06 mars 2025