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Homélie du père François Bouttin du 5e dimanche de carême

Le texte de la résurrection de Lazare est très émouvant. Dès le départ c’est le pathétique discret.

Marie et Marthe sont bouleversées par la mort de leur frère Lazare. Or, nous dit saint Jean, Jésus aimait Marthe, aimait Marie, aimait Lazare. Ce sont les images du chrétien, « celui que le Seigneur aime »

Tout au long de ces versets, Jésus laisse voir à quelle profondeur de sensibilité le drame de cette maladie et de cette mort l’atteint. Il fond en larmes, il ne cherche pas à dissimuler son émotion, il lui laisse libre cours. Il est bouleversé au plus profond de son être : il se trouble, il frémit en lui-même.

Cet évangile où Jésus révèle sa toute-puissance jusque sur la mort elle-même est l’évangile où on découvre le mieux sa vulnérabilité à la souffrance humaine. Jésus arrive et nous voyons la réaction de Marthe : elle se lève (c’est le mot de la résurrection) et va à sa rencontre Elle attend beaucoup de Jésus, même si son attente est pénétrée d’incertitude.

– « Seigneur, si tu avais été là mon frère ne serait pas mort ».

C’est un tendre reproche dans la confiance mêlée d’un peu de doute. Et elle se ressaisit : « mais je sais que tout ce que tu demanderas au Père il te l’accordera »

– « Ton frère ressuscitera », dit le Seigneur

– « Oui, je sais qu’il ressuscitera à la Résurrection des morts, au dernier jour » ( à la fin des temps, selon la croyance juive)

Jésus va l’aider à approfondir sa foi : « Je suis la Résurrection et la Vie. Celui qui croit en moi, même s’il meurt vivra. Et tout homme qui vit et qui croit en moi ne mourra jamais. Crois-tu cela ?

Marie est le type même du chrétien que la mort d’un proche bouleverse toujours et qui se tourne naturellement vers Jésus pour lui demander l’impossible : une victoire sur la mort qui serait la suppression de la mort. Or ce n’est pas en la supprimant que Jésus triomphe de la mort. C’est en passant à travers elle comme Lazare. C’est aussi en contournant la mort, en établissant le croyant dans une vie inaccessible à la mort même. Nous sommes faits pour une vie sur laquelle la mort n’aura plus de prise.

« Qui croit en moi, fut-il mort, vivra » celui qui croit en Jésus est passé, grâce à la foi, de la mort à la Vie. Il a triomphé de la mort. Jésus n’est pas seulement celui qui commande à la mort et qui donne la vie. Il est la Résurrection et la Vie. Entrer en contact avec lui c’est entrer en contact avec la Vie elle-même. Croire en lui c’est ressusciter et vivre, dès maintenant.

La résurrection des corps au dernier jour ne fera que consommer le don de la vie éternelle, don accordé dès aujourd’hui au croyant.

« Crois-tu cela ? » Cette question a pour but de provoquer la confession de foi, nécessaire au passage de la mort à la vie. Et Marthe y répond : « oui, Seigneur, je le crois. Tu es le Christ, le Fils de Dieu, celui qui vient dans le monde ». »

Jésus nous pose personnellement la question et nous invite à y répondre : « crois-tu cela ? »

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