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Homélie de la veille de L’Assomption

Homélie de la veille de L’Assomption

(1Chroniques 15, 15 ; 1Co 15, 55 ; Lc 11, 27-28)

Parmi les fêtes en honneur de la très sainte Vierge Marie, le 15 août est sans doute la plus chère aux français. Cela depuis 1638, l’année où le roi Louis XIII a consacré la France à la Reine du Ciel en remerciement pour les victoires militaires obtenues et surtout pour la naissance de son héritier Louis XIV. Il avait attendu 22 ans la naissance de cet enfant et il avait promis à La Vierge Marie de lui consacrer la France si elle exauçait sa prière. Je tiens à signaler que cette prière a été exaucée le jour où il terminait une neuvaine à Notre-Dame de Cotignac, ce sanctuaire varois qui cette année fête les 500 ans de l’apparition de la Sainte Vierge là-bas. Je ne peux que vous inviter à y aller ces jours-ci. Ils s’y vivent des très belles expériences.

A l’Assomption, nous fêtons l’entrée de la Vierge Marie au Ciel en corps et âme. Nous fêtons que la mère du Sauveur, à différence de nous, n’a pas attendu la fin du monde pour se retrouver au Paradis avec son propre corps en plus de son âme. Autrement dit, nous fêtons que Dieu ne s’est pas débarrassé d’elle quand il n’en a plus eu besoin, mais tout le contraire. Dieu a eu besoin de Marie pour devenir homme et pendant les 9 mois de gestation le corps de Marie a porté Dieu en elle. Dieu, infiniment reconnaissant, ne l’a pas répudié dès qu’il n’en avait plus besoin, au contraire, il a voulu que ce corps qui a porté Dieu, ne connaisse pas la corruption du tombeau mais qu’il devienne immortel comme celui de Jésus.

Pour ceux qui ont vu ou lu le Seigneur des Anneaux, c’est l’équivalent aux Elfes, qui ne vieillissent pas, et qui sans mourir quittent le monde des humains pour passer à un autre monde meilleur. C’est ce que Dieu aurait fait avec chacun de nous si on n’avait jamais péché.

Si vous avez écouté la 1ère lecture, qui décrit l’arrivée de l’Arche de l’Alliance en grande pompe à Jérusalem vous vous êtes sans doute demandé quel était le rapport entre cela et la Vierge Marie que nous fêtons en ce jour. En fait, si la Vierge Marie, pendant les 9 mois de gestation a été le coffre-fort qui contient Dieu lui-même, elle n’est rien d’autre que l’Arche de la Nouvelle Alliance.

L’Arche de l’alliance, depuis Moïse, était un coffre d’or qui contenait la Présence de Dieu. Il avait accompagné le peuple hébreux pendant les années de vie nomade au désert après l’Égypte et pendant la conquête de la Terre Promise. Le récit que vous venez d’entendre correspond au moment où ils ont enfin instauré un royaume stable, dans la terre Promise, sous la dynastie de David. Le roi David inaugure la nouvelle capitale, Jérusalem, en y installant l’Arche de l’Alliance en grande pompe.

Ça me fait penser à la procession que nous allons faire demain. Écoutez bien la chronique : les servants de la liturgie, appelés Lévites, transportèrent l’Arche de Dieu au moyen de barres placées sur leurs épaules, David ordonna de mettre en place des chantres avec leurs instruments, harpes, cithares, cymbales, pour les faire retentir en force et en signe de joie. Ils installèrent l’Arche de Dieu au milieu de la tente que le roi avait lui avait préparé. Puis David bénit le peuple au Nom du Seigneur.

Nous allons accomplir les mêmes rites avec une statue de la Vierge Marie à la place de l’Arche d’Alliance, justement parce que Marie est devenue la nouvelle Arche de Dieu le jour où elle a offert son corps pour la gestation du Fils de Dieu, de Jésus, Dieu fait homme. Donc ce texte prophétise ce qui est arrivé à Marie le jour de l’Assomption, c’est à dire aujourd’hui. Le corps de Marie, qui a porté la Présence de Dieu en elle, aujourd’hui rentre dans la céleste Jérusalem, acclamé par l’Église de la Terre et les saints du Ciel, et transporté en grande pompe, ne pas par les serviteurs de la liturgie mais par ceux qu’ils représentent, c’est à dire, les anges, qui sont les serviteurs de la liturgie du Ciel. Et cela, jusqu’au lieu d’honneur que le Roi du Ciel lui a préparé de toute éternité. Et de là, le Roi nous bénit avec la nouvelle Reine.

Mais on pourrait dire : tant mieux pour Marie, mais en quoi cela nous regarde ? Notre corps n’a jamais fait la gestation de Jésus et il mourra un jour. Cela rejoint la femme de l’évangile que nous venons d’entendre, qui dit à Jésus, comme chacun de nous : heureuse la femme qui t’a porté ! mais Jésus lui répond : « heureux plutôt ceux qui écoutent la Parole de Dieu et qui la gardent ». Marie n’est rien d’autre qu’une démonstration de ce que Dieu veut faire avec chaque personne qui écoute la Parole de Dieu et qui la garde dans son cœur comme Marie. Dieu veut donner à chacun de nous tout ce qu’il a donné à Marie à condition qu’on accueille sa Parole avec la même foi et docilité que Marie !

Jésus, lors de son discours sur le Pain de Vie, promet la vie éternelle à tous ceux qui croient en lui et qui mangent sa chair dans l’eucharistie. A chaque messe, vous pouvez accueillir dans votre cœur la Parole de Dieu et recevoir le Corps du Christ dans votre corps lors de la communion. Quand vous communiez vous devenez l’arche de Dieu, comme Marie, vous portez Dieu en vous. Le célèbre prédicateur Daniel-Ange, de renommée internationale, dit souvent qu’il est impossible qu’un corps qui communie meure à jamais ! Un corps qui a porté dedans le Corps immortel de Jésus reçoit son immortalité, comme Marie la reçu.

Alors suffit-il de faire sa première communion pour ressusciter un jour au Paradis ? malheureusement c’est plus compliqué que ça. Qu’en est-il des personnes qui ne communient pas, par ignorance ou pour des raisons personnelles ? il n’y aurait pas de salut possible pour elles ? oui, bien sûr.

Une gourde ouverte sous un robinet se remplit plus qu’une gourde fermé sous une cascade. Je pense que beaucoup de personnes qui communient tous les dimanches, ressemblent à des gourdes fermées sous une cascade. Il y a des torrents de Grace qui leur tombent dessus parce que Dieu est dans l’hostie, mais rien de rentre parce que leur cœur est fermé. Ils reçoivent Jésus mais ils ne communient pas vraiment parce que leur cœur n’est pas en communion avec Jésus, ils n’adhèrent pas de tout cœur à la Parole de Dieu, ils ne veulent pas aimer comme Jésus, se donner entièrement à Jésus comme Jésus se donne à eux. Alors que parmi les personnes qui ne communient pas pour des raisons personnelles, peut-être certaines ressemblent à une gourde ouverte sous un faible robinet. Ils reçoivent moins d’eau mais elle entre et la gourde finit par se remplir tout doucement, parce que le cœur est ouvert, le cœur est communion avec Jésus. Seul Dieu peut juger ce qui se passe à l’intérieur de nos cœurs.

Il s’agit donc de communier en donnant sa vie entièrement à Jésus, en étant dociles à sa Parole, en aimant comme lui, à l’attente du jour où se réalisera la 2ème lecture d’aujourd’hui : quand cet être mortel
aura revêtu l’immortalité,
alors se réalisera la parole de l’Écriture :
La mort a été engloutie dans la victoire.
Ô Mort, où est ta victoire ?

Père David Homédès

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